A Verdun, les gendarmes font de la généalogie...

Catégorie : 1914-18, Ardennes  |  le 04 Juin 2013 par Guillaume de Morant

A Fleury-devant-Douaumont, les gendarmes font de la généalogie ! Ils cherchent à contacter les descendants des 26 Poilus qui ont été exhumés la semaine dernière dans ce village-souvenir totalement détruit lors de la Première guerre mondiale. Peu habitués à manier les arbres généalogiques, les enquêteurs ont mis en place un numéro Vert pour recueillir les renseignements utiles à la recherche des descendants et les éventuelles coordonnées des familles.

La RFG a décidé de relayer cet appel auprès de toute la communauté des généalogistes et de publier les noms de ces soldats Morts pour la France déjà identifiés (lire la liste en bas de note). Aussi, si l'un des noms appartient à votre famille ou si vous avez de bonnes raisons de croire que votre père, grand-père, arrière-grand-père ou oncle a disparu à cet endroit là, vous pouvez composer le numéro mis en place par la gendarmerie (tél.: 0800 007 802).

Petit rappel des faits, car les circonstances de la découverte sont étonnantes. En se promenant dans les vestiges de Fleury-devant-Douamont, l'un des 9 villages de la Meuse entièrement détruit par les bombardements de 1914-1918, un couple de touristes allemands a été intrigué par des os qui affleuraient du sol. Alertée, la gendarmerie circonscrit le champ des fouilles et organisé l'exhumation. En tout 26 corps ont été retrouvés dans un réduit d'à peine 10 m2 et transportés dans les locaux récemment désaffectés de l’hôpital Desandroins. Sept corps ont déjà été identifiés, les autres dépouilles sont en cours d'identification par un médecin légiste.

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région ces derniers jours, conjuguées à des travaux effectués récemment -une borne a été déplacée- expliquent sans doute l'érosion du sol et la remontée des ossements. On ne sait pas encore si ces soldats ont été tués ensemble par l'effondrement de la voûte de la cave d’une ferme, pulvérisée en 1916, ou bien s'ils étaient blessés ou peut-être déjà morts dans ce qui pourrait être un petit hôpital de campagne improvisé ou peut-être même une morgue. La présence d'éclats d'obus accrédite la thèse d'une explosion qui aurait provoqué l'effondrement brutal de l'abri sur les hommes, blessés ou morts.

Fleury se trouve à 7 kilomètres de Verdun, tout proche de la nécropole nationale de Douaumont et c'est l'une des 9 communes de la Meuse rayée de la carte par les bombardements de 1914-1918. Avec la multiplicité des indices retrouvés sur place, plaques, insignes, papiers, objets personnels, les chances d'identification sont assez bonnes. "Les ossements seront mis à la disposition des familles qui le souhaiteront, soit ils seront déposés à la nécropole de Douaumont, rejoignant ceux non-identifiés", explique t-on à la gendarmerie de Verdun, chargée de l'enquête.

"C'est le nombre de ces dépouilles qui est exceptionnel, en 14 ans de carrière, je n'ai jamais vu ça", s'étonne le gendarme joint au téléphone, même si les corps de Poilus resurgissent régulièrement dans cette région particulièrement touchée par les combats. Chaque année, un ou deux corps sont retrouvés sur les champs de bataille dans le ressort de la brigade de gendarmerie de Verdun.

Les 80.000 familles françaises qui comptent un disparu durant ce terrible et meurtrier conflit se prennent à espérer que le corps du grand-père, de l'arrière-grand-père ou celui du grand-oncle figure parmi les dépouilles de ce nouvel ossuaire. Les deux soldats identifiés sont André Giansily, un corse et Jean Peyrelongue, originaire du sud-ouest. La petite-fille de ce dernier, Josette Morel a pu dire toute sa joie de pouvoir enterrer dignement son aïeul.

Les noms des 7 soldats déjà identifiés avec certitude :

  • Jean Caillou, 350e Régiment d'Infanterie, né le 13/10/1875 à Cestas (33), décédé le 28/3/1916 à Fleury (55),
  • Albert Hennequin, 269e RI, né le 17/02/1895 à Garches (autrefois Seine-et-Oise, aujourd'hui Hauts-de-Seine), décédé le 31/3/1916 à Douaumont (55),
  • Jules Le Boeuf, 279e RI, né le 14/04/1880 (14), décédé le 29/3/1916 à Douaumont (55),
  • Jules Letellier, 129e RI, né le 19/07/1880 à Saint-Pierre-de-Lavis (76), décédé le 5/04/1916 à Fleury (55),
  • Charles-Louis Desplanques, 360e RI, né le 8/11/1892 à Armentières (59), décédé le 28/3/1916 à Fleury (55),
  • André Giansily, 140e RI, né le 18/11/1894 à Vescovato (Corse), décédé le 25/05/1916,
  • Jean Peyrelongue, 45e RI, né le 28/4/1881 à Briscou (66), décédé le 31/5/1916 à Fleury (55).

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5 commentaires

LOUVRIER le 10 Novembre 2014 à 14h06

J'ai oublié de préciser que le corps de mon grand-père Louis LOUVRIER n'a jamais été retrouvé .

LOUVRIER le 10 Novembre 2014 à 14h00

Mon grand-père paternel Louis LOUVRIER mort et disparu au combat à Fleury devant Douaumont le 02 mars 1916. Il faisait parti du 146ème régiment d'infanterie. Il est né le 13 novembre à Aunay en Bazois dans la Nièvre. Je n'ai qu'une seule photo de lui et un document de mémoire des hommes, j'aimerai avoir plus de renseignements à son sujet hormis un extrait du journal de marche de son régiment sur lequel son nom n'est même pas mentionné. Merci pour tout renseignement .

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