La France va restituer un Degas à une famille spoliée par les nazis

Catégorie : Histoire, France  |  le 04 Mai 2016 par Guillaume de Morant

Un fusain et estompe sur papier calque d'Edgar Degas va être officiellement rendu par la ministre de la Culture et de la Communication à ses légitimes propriétaires. Lundi 9 mai 2016, Audrey Azoulay va présider une cérémonie de restitution de cette œuvre qui avait été spoliée en 1940 par les nazis à un collectionneur français. Les héritiers de Maurice Dreyfus ont été retrouvés grâce au concours de Généalogistes de France, l'union professionnelle des généalogistes.

Les Trois danseuses en buste, dites aussi Trois danseuses à mi-corps, d'Edgar Degas ont connu un parcours assez chaotique. Cette œuvre cataloguée MNR-Musée nationaux récupération a été attribuée après la guerre au musée d'Orsay, puis déposée au département des Arts graphiques du musée du Louvre, selon sa notice de la base Rose-Valland. On sait simplement que ce dessin a été retrouvé en 1951 dans un placard de l'ancienne ambassade d'Allemagne située au 82, rue de Lille à Paris, occupée depuis la libération de Paris par les services du ministère des Affaires étrangères.

Contrairement à bon nombre d'autres œuvres spoliées par les nazis qui ont transité par le musée du Jeu de Paume et ont parfois été envoyées en Allemagne, les danseuses de Degas n'ont pas voyagé. Leur saisie a été réalisée le 28 août 1940 à Paris, chez leur propriétaire d'alors, nommé Maurice Dreyfus, par deux officiers allemands et un civil. Mais en 1941, elles se trouvent toujours à l'Ambassade d'Allemagne, là même où on les a retrouvées dans un placard. Auparavant, le fusain comme l'indique le cachet, en bas à gauche a figuré dans la vente de l'Atelier Degas à Paris, organisée un an après la mort de l'artiste en 1918. Mais on perd ensuite sa trace jusqu'à la guerre.

En juin 2015, Généalogistes de France a signé une convention avec le ministère de la Culture afin de rechercher des ayants droit des propriétaires identifiés d’œuvres d’art spoliées récupérées après la Seconde guerre mondiale. Les recherches se poursuivent pour identifier les héritiers de 26 autres personnes spoliées par les nazis. Les généalogistes réalisent gratuitement ces recherches.

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3 commentaires

Rbg le 7 Mai 2016 à 11h25

Chaotique ou cahoteux ? Mais pas cahotique.

Guillaume de Morant le 5 Mai 2016 à 11h56

C'est terrible, autrefois, il y avait des correcteurs qui relisaient la prose des journalistes pressés. Maintenant, cette tâche incombe aux lecteurs. Merci !

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