Un centre de mémoire pour les Français d'origine arménienne

Catégorie : Histoire, Rhône  |  le 29 Octobre 2013 par Véronique Tison

Centre national de la Mémoire arménienne

"Au-delà des valeurs universelles de la République française, avoir intégré ses racines, connaître son histoire, celle de l’exode de ses aïeux, leur mode d’intégration, aide à vivre sereinement une double culture", proclame le site internet du Centre national de mémoire arménienne ( CNMA) que vient d’inaugurer, le 20 octobre, la ministre de la Culture Aurélie Filipetti.

Installé à Décines, commune industrielle de la vallée du Rhône où s’établirent de nombreux Arméniens dans les années 1920, le CNMA se veut un lieu d’histoire, de culture et d’échanges pour perpétuer la mémoire du génocide de 1915 et de l’exode qui s’en suivit.

Sa bibliothèque propose un large choix d’ouvrages et comporte une section d’archives qui renferme pour le moment une collection de 10.000 documents papiers (livres, cartes, partitions, etc.) que la directrice, Katya Boudoyan, entend bientôt étoffer.

"Nous allons faire prochainement une collecte de documents personnels, d’autant que nous allons acquérir dans quelques semaines une station de numérisation qui permettra de restituer les originaux aux familles", nous a-t-elle expliqué.

Pour le moment, le généalogiste ne trouvera que peu d’informations individuelles au CNMA, dont l’approche est surtout historique et culturelle. Le centre conserve pourtant un document nominatif d’une valeur inestimable pour les Français d’origine arménienne, au nombre de 600.000 aujourd’hui : les registres d’entrée du camp Oddo, près de Marseille, par où transitèrent plus de 5.400 rescapés du génocide à leur arrivée en France entre 1922 et 1928. Longtemps sous la garde de l’Association pour la recherche et l'archivage de la mémoire arménienne ( Aram), qui a eu l’heureuse initiative de les mettre en ligne, ils donnent les noms des arrivants, leur âge et lieu de naissance, leur profession et la composition des familles.

Au-delà, il n’existe pas d’archives mais bien une mémoire commune que le CNMA entend entretenir alors que disparaissent les derniers témoins.

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