Rootstech 2017 : dernier jour du plus grand congrès généalogique

Catégorie : Rencontres, Etats-Unis  |  le 11 Février 2017 par Guillaume de Morant

A l'évidence, à Rootstech à Salt Lake City, les Français sont en perte de repère. Langue, décalage horaire, fatigue peuvent parfois donner envie de rester tranquillement dans sa chambre d'hôtel, plutôt que de se plonger dans le brouhaha permanent du "plus grand congrès généalogique du monde".

10.000 personnes dans une même salle, applaudissant à tout rompre un spectacle mené tambour battant par des vedettes, sans doute très célèbres outre-atlantique ( par exemple les Scott Brothers), mais dont la vie et l'oeuvre restent des mystères pour des étrangers, c'est un premier décalage.

Car la vision américaine de la généalogie est profondément différente. Moins individualiste, puisque tout part ici de la famille, la généalogie connaît ici une tendance qui s'affirme d'année en année : il faut raconter son histoire familiale, coûte que coûte.

C'est la raison de la présence de stars du petit écran, chargés de montrer au grand public que tout se raconte. Tout moyen est bon pour transmettre la mémoire familiale, y compris les recettes de cuisine comme l'a expliqué très doctement Steeve Rockwood, le patron de Familysearch, l'organisme mormon chargé de l'organisation de ce grand événement.

Pour autant, le Français bougon a tout intérêt à sortir de sa coquille, car ici, au delà du spectacle qui est permanent, les occasions de découvrir les tendances profondes de la généalogie sont appréciables. Outre-Atlantique, les tests ADN font un tabac. Tous les opérateurs importants ont désormais lancé leur offre : Ancestry, MyHeritage, FindMyPast, dans le sillage du pionnier 23andme.

L'ADN est d'un apport évident pour compléter des recherches généalogiques classiques et trouver des pistes de recherche quand il n'y en a plus. Toutefois, si les Français peuvent sans problème acheter un kit dans un pays ou la vente est autorisée et consulter les résultats sur Internet, aucun opérateur n'a le droit d'en commercialiser directement en France. C'est un obstacle qui devra sans un jour être levé, avec toutes les précautions que cela inclut (éthiques, ethniques et médicales).

Autre observation, ici, la généalogie est un drôle de mélange des genres. C'est traditionnellement un loisir exercé à peu de frais par des amateurs, accompagnés d'associations. Tout un monde de bénévolat, d'aide désintéressée en tout genre si bien représenté par un tissu disparate de cercles, clubs et de fédérations.

A cela s'ajoute un réseau de PME qui proposent des services souvent innovants destinés à faciliter la recherche d'ancêtres. EZPhotoScan.com (un appareil qui permet de scanner ses diapos) ou ShotBox.me (une boite éclairée pour prendre en photo ses documents) représentent bien cette catégorie.

Mais au-delà de ces poids légers, des signes montrent qu'une industrie est en train de naître. De lourds investissements sont consentis pour développer de nouvelles fonctionnalités pour des portails Internet de plus en plus puissants, des serveurs de plus en plus sollicités par des requêtes croisées et des mises en ligne de vidéos. Tout cela n'est rien par rapport à ce que nous prépare l'ADN généalogique. Des millions de clients et une rentabilité à la clé.

On savait que la monétisation était en marche, elle s'accélère.

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1 commentaire

Corentin le 15 Février 2017 à 17h19

Bonjour,

Le français bougon que je suis, puisque semble-t-il tous les français sont bougons sauf ceux qui sont touchés par la grace en se rendant à Rootstech ne serait pas contre un article dans un prochain numéro de la RFG sur l'apport des tests ADN dans la généalogie, car vraiment, je ne vois pas. Un test tout seul ne semble rien indiquer, il ne prend de valeur que comparé à d'autres tests, mais justement comment procède-t-on ?

Quant à la perception d'un monde bénévolat et d'aide désintéressée, et d'un loisir exercé à peu de frais, c'est peut être un peu exagéré.

Outre le prix de l'ordinateur, de l'abonnement Internet, frais partagés avec d'autres activité, j'ai souvenir des tables de mariages dressées dans les années 1980 et vendus à prix d'or par les associations, soit sous forme papier, soit par Minitel, en palier tarifaire le plus haut. Il est encore des associations qui ont dressé par village des reconstitutions familiales, vendues encore une fois très cher, et jamais déposées en bibliothèque ou en dépôt d'archives. Mais que voulez vous, je suis français, donc je suis bougon.

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