Les archives de l’Institut d’études des questions juives sont numérisées

Catégorie : Archives, France  |  le 20 Août 2018 par Guillaume de Morant

Pour documenter l'antisémitisme des années de guerre, le Service historique de la Défense vient de numériser le fonds de l'Institut d'étude des questions juives (IEQJ). Cet organisme privé travaillait sous l'occupation nazie à accumuler des documents favorables à la propagande antijuive de l'époque.

Même si l'IEQJ n'était pas une structure officielle, il n'en travaillait pas moins avec le soutien du bureau de la propagande allemande. Et il "oeuvrait" main dans la main avec un autre organisme de sinistre réputation, le Groupement des amis anti-juifs, dont les archives sont également numérisées.

L'Institut d'étude des questions juives a été inauguré le 11 mai 1941. Ses archives sont composées des dossiers de travail du capitaine Paul Sézille, son secrétaire en 1941 et 1942. Il était l'organisateur de l'exposition « Le Juif et la France » qui s'est tenue à partir de septembre 1941 à Paris, Nancy et Bordeaux. Ce sont donc des documents, rapports, discours et même comptes financiers relatifs à la préparation, au déroulement et au bilan de cette exposition. On y trouve les études antisémites et le matériel de propagande utilisés dans la cadre de l'exposition.

Concernant le Groupement des amis anti-juifs, il s'agit de documents en lien avec la propagande, des articles de presse, des contrats, des lettres de dénonciations, des courriers des adhérents, des correspondances échangées avec les mouvements collaborationnistes et les autorités allemandes.

L'historique de la conservation de ces archives n'est pas connu, le SHD ne dispose d'aucune information sur l'origine de ces archives, nul ne sait comment ce service d'archives militaires s'est retrouvé dépositaire de ces documents privés. Ces archives ont été numérisées dans le cadre d’une convention de coopération entre le ministère des Armées, le Mémorial de la Shoah et le Musée de l’Holocauste à Washington.

Attention, ces archives sont bien numérisées, mais elles sont consultables uniquement sur place à Vincennes, dans la salle de lecture Louis XIV. La numérisation facilite leur mise à disposition qui se fait directement et sans réservation sur les postes informatiques de la salle des références, dans le pavillon du Roi.

Notez que d'autres archives provenant des services spéciaux français durant la même période ont également été numérisées. Celles-ci concernent les activités de la section spéciale "Allemagne" de la Direction générale des études et recherches. Cette entité de renseignement et de contre-espionnage était rattachée au service de "documentation". En pleine occupation allemande, elle était chargée de collecter des informations sur... les services spéciaux allemands.

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