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Petites leçons de politesse aux Archives nationales...

Décidément, ce projet d'implanter le Musée d'Histoire de France aux Archives nationales ne passe pas. Après l'occupation des locaux par l'intersyndicale des personnels, le retard de l'ouverture de l'une des expositions à l'Hôtel de Soubise (Dans l'atelier des Menus plaisirs du Roi, finalement ouverte au public jusqu'au 24 avril) et le limogeage de la directrice Isabelle Neuschwander, la grogne des personnels continue. Pour en expliquer toutes les raisons et les "enjeux brûlants", une réunion publique est organisée par l'intersyndicale, sur place ce samedi 19 mars 2011 à l'hôtel de Soubise. Prendront notamment la parole, Arlette Farge, historienne (EHESS), Michèle Riot-Sarcey, historienne (Université Paris 8), Nicolas Offenstadt, historien (Université Paris 1) et Danielle Tartakowsky, historienne (Université Paris 8).

En attendant, les observateurs attentifs auront remarqué l'évolution de la situation qui tourne au psychodrame. Le vocabulaire employé est notamment très révélateur de l'affect et de l'attachement fort porté aux Archives nationales par tous les interlocuteurs de cet affrontement. Ainsi, Pierre Hanotaux, directeur de Cabinet du ministre de la Culture estime "avoir été poignardé" par l'intersyndicale des personnels quand celle-ci se juge "trahie". Et si l'occupation des lieux devait reprendre, le bras droit de Frédéric Mitterrand assure "qu'il ne demandera pas à la force publique de vous évacuer", même si "l'occupation, ce n'est pas sain, ce n'est pas la bonne manière".

A propos de bonnes manières, le compliment est aussitôt retourné par les syndicats : "Ce qui n'est pas la bonne manière, c'est de trahir les engagements pris (...), c'est de réviser le projet des Archives nationales (...), c'est ne pas entendre le refus qui monte de toute part (...), c'est de limoger brutalement une directrice (...) et de la remplacer par une autre qui affirme déjà son intention d'être plus docile". Dans ce climat de poignards, de trahisons doublées de leçons de politesse, on comprend mieux pourquoi le dialogue n'est pas facile...

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