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Archives nationales : inquiétude après la fermeture du site de Fontainebleau

Le site des Archives nationales à Fontainebleau est fermé depuis le 28 mars, certains personnels ont été placés en congé exceptionnel et la directrice des Archives nationales a pris vendredi 11 avril 2014 la décision de transférer vers le site de Pierrefitte-sur-Seine l'ensemble des documents conservés dans les unités 1 et 2, soit environ 80 kilomètres linéaires de documents. (Mise à jour : "Ce transfert à Pierrefitte, envisagé comme solution transitoire, n'est pas encore décidé, précise Ghislain Brunel, tout nouveau directeur des publics aux Archives nationales. Si la consolidation des sous-sols n'exige pas le transfert des fonds, ceux-ci resteront à leur place").

La cause de ce branle-bas de combat ? Avec 15 fissures répertoriées, il y a "un risque portant sur la stabilité structurelle de l’ouvrage", affirme le rapport d'une société d'expertise. En clair, certains bâtiments menaceraient de s'effondrer ! Au chevet des bâtiments 1 et 2, des sondages géotechniques ont été commandés et la bataille des experts et des bureaux d'études a déjà commencé. La montée de la nappe phréatique, la présence d'argiles vertes sous les bâtiments seraient en cause. Le syndicat majoritaire aux archives, la CGT-Archives, a une autre explication à cette instabilité : 8 000 tonnes d’archives déménagées en 17 mois auraient entraîné des déséquilibres de charge et donc des mouvements.

Du côté des Archives nationales et de l'Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (OPPIC), on affirme que "le déménagement n’est pas le seul responsable. Il y a aussi une erreur de conception". Une chose est sûre, "le risque est imprévisible dans son ampleur et dans le temps peut porter atteinte à la sécurité des personnes". Une mesure d’interdiction de pénétrer dans les locaux a aussitôt été lancée. Face à cette "crise sans précédent", le syndicat CGT-Archives s'étonne de cette mesure de déménagement qui "est comprise par une large majorité des 53 agents du site comme une remise en cause de l’existence de leur poste de travail, un démantèlement du site et un affaiblissement terrible de l’institution". Un déménagement qui n'est donc pas encore décidé, mais qui prendrait logiquement la direction de Pierrefitte, seul lieu en capacité d'accueillir physiquement les archives et de les mettre à disposition des chercheurs. "Nous sommes actuellement à la recherche de solutions pour assurer la communication administrative des archives, puis dans un second temps, la communication aux chercheurs, poursuit Ghislain Brunel.

Quant aux chercheurs et généalogistes, ils ne savent pas non plus à quelle sauce ils vont être mangés. Le site de Fontainebleau conserve des archives privées d'architectes, les dossiers de carrière des fonctionnaires et les dossiers de naturalisation depuis la seconde moitié du XXe siècle, les archives audiovisuelles, les archives électroniques et certains fonds spécifiques (contentieux du Conseil d'État, certains dossiers de la Cour des comptes, recours auprès de la Cour nationale du droit d'asile, dossiers de la Commission nationale de financement des comptes de campagne et des financements politiques, dossiers du greffe civil de la Cour de Cassation, recours en grâce, dossiers d'action publique engagées par le ministère de la Justice, dossiers de la Légion d'honneur, dossiers du Centre national de la cinématographie, archives de la Météorologie nationale, dossiers d'homologation de véhicules, enquêtes statistiques...)

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