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Archives nationales : la fermeture envisagée de Fontainebleau provoque une grève

Et si le site de Fontainebleau était tout simplement fermé et ses archives transférées à Pierrefitte-sur-Seine dans de nouveaux bâtiments à construire ? Le scenario, inenvisageable il y a encore quelques semaines, semble pourtant avoir les faveurs de la direction des patrimoines du ministère de la Culture. Cette solution aurait un coût inférieur à la reconstruction, 171 millions d'euros contre 220.

Cette annonce a provoqué la fureur de la CGT-Archives, qui a lancé un préavis de grève illimitée à compter du lundi 16 novembre 2015 : "Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage", reproche le syndicat. Une délégation d’agents et de représentants de la CGT-Archives devait être reçue ce vendredi 13 novembre 2015 par le directeur adjoint de cabinet de Fleur Pellerin ainsi que par son conseiller patrimoine.

Le site des archives nationales à Fontainebleau est fermé depuis mars 2014 en raison de fortes inquiétudes sur la stabilité des bâtiments 1 et 2. Et depuis, un vol, un incendie et une inondation ont complété le sinistre. Un rapport d'expertise redoute tout simplement que les bâtiments ne s'effondrent ! En cause, une "erreur de conception" des bâtiments qui auraient été érigés sans micro-pieux sur un sol instable. L'argile verte qui le compose a en effet la propriété de gonfler et dégonfler en suivant le taux d'humidité.

Cette explication et sa conséquence -l'obligation de déménager- est un peu courte au goût de la CGT-Archives qui dénonce depuis des mois "une décision prise « au doigt mouillé », sans disposer de la moindre expertise technique fiable", alors qu’il existait "des possibilités de rénovation et de reconstruction des bâtiments, au lieu de tout déménager".

Pour les représentant syndicaux, la fermeture du site signifierait : la perte d’une capacité de stockage de 220 kilomètres linéaires et l’abandon d’une réserve foncière importante". En effet, le transfert des archives à Pierrefitte-sur-Seine provoquerait dans un court délai la saturation des bâtiments inaugurés en février 2013 et censés pouvoir accueillir des archives sans problème jusqu'à 2043.

Pour les généalogistes, le site de Fontainebleau conserve des archives récentes et variées : archives privées d'architectes, dossiers de carrière des fonctionnaires, archives audiovisuelles, contentieux du Conseil d'État, dossiers de la Cour des comptes, etc. La liste est longue, mais ces documents sont en général peu consultées par le public généalogiste. A deux exceptions près : les dossiers de naturalisation depuis la seconde moitié du XXe siècle et des dossiers de la Légion d'honneur (dont certains n'ont pas pu être numérisés). Du côté des magistrats, on regrette amèrement l'inaccessibilité des dossiers de la Commission nationale de financement des comptes de campagne et des financements politiques. L'instruction de certaines affaires très médiatiques a été stoppée net par la fermeture de Fontainebleau...

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