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La base de données des monuments aux morts s'européanise

Développée par l’université de Lille 3, avec le soutien de la mission du Centenaire qui lui a accordé son label, la base de données des monuments aux morts de France et Belgique est disponible à tous sur Internet depuis un an et demi.

Au départ focalisée sur le Nord-Pas-de-Calais, elle s’est progressivement étoffée pour recenser aujourd’hui plus de 11.200 monuments. Et ses concepteurs espèrent bien voir le projet se développer en France comme en Europe.

C’est en effet un site collaboratif qui fait appel à toutes les bonnes volontés, même si chaque dépôt est scrupuleusement filtré par les administrateurs.

Concentré essentiellement sur la Première Guerre mondiale, le site Internet présente les monuments selon un système de géolocalisation très poussé. Surtout communaux, ces derniers peuvent aussi être paroissiaux, d’associations, d’entreprises… et peuvent être recherchés selon un certain nombre de critères qu’il est possible de croiser. "L’idée est de réunir le plus d’information possible sur tous les aspects du monument", souligne Elise Julien, maître de conférences en histoire contemporaine à Sciences Po Lille. Une description des documents avec la transcription des inscriptions, des morts gravés est également proposée.

Une campagne de photographie est enfin engagée pour présenter chaque monument sous toutes ses facettes actuelles avec le maximum de détail. "Pour nous c’est une œuvre de mémoire et d’histoire. Nous voulons aussi en faire un outil performant pour la recherche au sens large. Elle est destinée à un public très large qui va du grand public au chercheur", selon Élise Julien.

La prochaine étape prévue pour l’année qui vient est l’internationalisation du projet à d’autres pays, à commencer par la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Pays Bas et l’Italie. "Cela nous demandera des adaptations importantes, notamment au niveau du support technique car tous les pays ne représentent pas la même répartition qu’en France en communes, départements et régions. Ici et là, nous avons des comptés, des provinces… Il faut réfléchir à tout cela pour trouver des équivalents fonctionnels aux codes INSEE que nous avons utilisés en France. Il nous fait aussi trouver des partenaires et des financements", précise Martine Aubry, ingénieur de recherche à l’Université Lille 3, partie prenante du projet.

"Il existe aussi des spécificités par pays. Par exemple, en Grande-Bretagne, les monuments de quartiers sont très importants. En Allemagne, ce sont les monuments régimentaires", ajoute Elise Julien.

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