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Geneanet lance son offre ADN... de correspondance

À défaut de pouvoir proposer des tests ADN à visée généalogique en France, Geneanet a trouvé un compromis et ​lance Geneanet ADN​. Puisque c'est illégal en France, le portail généalogique ne vend pas de kits ADN, mais propose à ses usagers qui l'auraient quand même fait chez un opérateur à l'étranger, de déposer leurs données génétiques, à des fins de comparaisons.

Dans le fond, tous ceux qui ont déjà fait des tests ADN le savent bien, la carte des origines géographiques ou ethniques n'a aucun intérêt. Tout généalogiste qui a déjà remonté plus de 5 générations sait bien qu'il est le fruit d'un melting pot, les pourcentages n'apportent rien. En revanche, l'autre aspect de la généalogie génétique, la comparaison, ne laisse pas indifférent. C'est en comparant les données que l'on peut faire des rapprochements et retrouver des cousins par l'ADN.

Cet ADN qui met en relation fait justement partie du "coeur de métier" de Geneanet. Cela tombe bien, cela rejoint les conclusions d'une enquête menée en juin 2019 auprès de ses usagers : 71% des sondés affirmaient alors avoir déjà fait un test ADN ou envisageaient de le faire, malgré leur interdiction en France. Fort de sa position, le portail français ambitionne de devenir la plus grande base de correspondances ADN en Europe.

Cet objectif est-il réaliste ? L'avenir le dira, mais les chiffres pourraient donner raison à Geneanet : plus d’un million de Français auraient déjà réalisé un test ADN, sans qu’aucune sanction n’ait été appliquée, ni aux utilisateurs, ni aux sociétés étrangères qui les commercialisent.

Concrètement, pour utiliser Geneanet ADN, il faut déjà avoir passé un test autosomal et disposer du fichier brut. C'est un fichier texte ou Excel comportant environ 550.000 lignes, incompréhensible et illisible sans utiliser une application dédiée. Ce fichier est comparé aux autres fichiers de la base afin de déterminer les segments d’ADN communs avec les autres participants.

"Ces comparaisons sont extrêmement fiables et il est scientifiquement admis qu'à partir de 0,7% d'ADN partagé, deux personnes auront avec certitude un ancêtre commun pouvant être situé jusqu'à la 8ème génération​", explique Jonathan Grandaubert, ancien ingénieur de recherche à l’Institut Pasteur et aujourd’hui bio-informaticien chez Geneanet, chargé du développement de l'algorithme de correspondances ADN.

En cas de "match" avec un autre utilisateur, Geneanet fait ensuite son travail de mise en relation : l'usager a accès au nom ou au pseudonyme des utilisateurs partageant le même segment d’ADN. Si la personne le souhaite, il est possible également de nouer un contact direct.

Le tout se déroule dans le respect du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) : pas d'autre usage des données ADN que celui pour lequel l’utilisateur a consenti ; l'utilisateur reste propriétaire de ses données et peut les retirer à tout moment sans que Geneanet n’en conserve la moindre copie.

Sur le côté légal, toute la subtilité de l'offre Geneanet ADN repose sur le fait de ne pas commercialiser des tests, simplement de proposer des outils de comparaisons de données génétiques. Rappelons qu'il est toujours interdit en France de commercialiser des tests ADN et également de faire son test. Et la loi a peu de chance d'être assouplie : au terme des débats sur la révision de la loi bioéthique, les tests ADN pour le grand public ont été refusés par l'Assemblée nationale, puis acceptés en commission spéciale du Sénat, puis à nouveau refusés en séance par les sénateurs. Le texte doit repasser prochainement devant l'Assemblée nationale pour le vote définitif de la loi.

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Mots-clés
ADN, Geneanet, RGPD

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