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Les ANOM publient l'état civil ancien de la Polynésie

Symbolique mise à jour, les Archives nationales d'Outre-Mer viennent de publier l'état civil ancien de la Polynésie française, dernier territoire d'Outre-Mer d'importance à bénéficier de cette publication. Ces registres et actes numérisés sont ceux de l'ancien Dépôt des papiers publics des colonies, dite aussi la troisième collection, conservée aujourd'hui par les archives nationales d'outre-mer à Aix-en-Provence. Il s'agit des actes allant de 1843 –quand ils existent- jusqu'à 1906 pour toutes les îles et communes de la Polynésie (îles Australes, du Vent, Gambier, Marquises, Tuamotu et Sous-le-Vent, la dernière comportant Tahiti). Le formulaire d’interrogation propose plusieurs critères. Le choix peut se faire par commune, dates et type d’actes.

Les Iles du Vent (Tahiti et Moorea) furent placées sous protectorat français en 1842 (traité avec la reine Pomaré IV). Les Établissements français de l’Océanie furent constitués en 1881 à la suite de l’annexion des îles Tuamotu, de Rapa, des Tubuaï et de Raïvavae, auxquelles vinrent s’ajouter les îles Gambier en 1882, les Îles sous le Vent en 1898, Rurutu en 1900 et Rimatara en 1901.Ralliés à la France dès 1940, les originaires des Établissements français de l’Océanie virent leur statut particulier supprimé par l'ordonnance du 24 mars 1945 et reçurent la pleine citoyenneté. En 1946, les Établissements français de l’Océanie prirent le nom de Polynésie française avec le statut de territoire d’outre-mer.

La mise en ligne de l'état civil ancien de la Polynésie était très attendue sur place, car l'engouement pour la généalogie tant foncière que familiale ne se dément pas. Elle suscite beaucoup de passions et même des commentaires très étonnants de la part des politiques locaux qui, parole de généalogiste, se mélangent un peu les pinceaux… Ainsi, la députée Maina Sage pense être à l'origine de la mise en ligne de l'état civil de la Polynésie française, "suite à une question écrite adressée en janvier dernier au ministère de la Culture et de la Communication". Pour la députée, il s'agissait là d'une sorte de réparation d'une injustice, puisque, écrit-elle, "la Polynésie était en effet la seule collectivité d'outre-mer de la République à ne pas disposer d'un accès en ligne à ses archives, alors que l'application IREL le permettait à tous les territoires d'outre-mer et aux anciennes colonies françaises."

Des paroles qui n'ont pas manqué de faire sourire les généalogistes qui ont suivi le feuilleton. En effet, si la Polynésie est bien le dernier territoire d'Outre-Mer dont l'état civil ancien est publié par les ANOM, c'est en raison de la difficulté d'exploiter ces sources disparates et ce n'est pas la question écrite de la députée qui a changé le programme. Sinon, les Polynésiens en attente d'état civil ancien piaffent depuis de longues années en attendant que le Territoire publie les actes en sa possession. Les archives de la Polynésie disposent en effet elles-mêmes d'une collection de l'état civil qu'elles peinent à mettre en ligne. Un premier essai en 2012 avait été catastrophique sur le plan de la sécurité des données. La publication sous forme de fichiers PDF librement téléchargeables était quand même assez éloignée de la vision archivistique de la communication des fonds sur Internet…

Mais les archives de Polynésie sont en train de rattraper leur retard et ouvriront, c'est en tous cas annoncé, un vrai site vers la fin 2015, comme nous l'avions écrit ici il y a quelques semaines… En attendant, une autre source intéressant les Polynésiens est en ligne sur le site des ANOM : les registres matricules de Polynésie (1894-1919), soit 2908 images entièrement indexées, la recherche se fait directement par nom. Il est important de préciser que les registres conservés aux Archives nationales d'outre-mer concernent uniquement les personnes disposant du statut de citoyen français au moment de leur recrutement ou celles ayant obtenu ultérieurement la citoyenneté française : les registres concernant les recrues ne disposant pas du statut de citoyen français sont conservés par le Service historique du ministère de la Défense.

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