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Fondation de la maison Ackerman : la généalogiste défie les historiens

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La maison Ackerman arbore, sur le fronton en tuffeau de ses caves, 1811 comme date de fondation.
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Michèle Taillandier estime avoir enfin trouvé la véritable date de la fondation de la maison Ackerman, spécialisée dans l’élaboration de fines bulles, à Saumur : 1834. Selon la généalogiste, membre de l’Association du dictionnaire des familles d’Anjou (ADFA), la preuve est inscrite dans le Compte-rendu de l’exposition des produits vinicoles du département de Maine-et-Loire 1849-1850 édité par la Société nationale d’agriculture, sciences et arts d’Angers : « Invité à vouloir bien nous faire connaître l’origine et la date précise de son industrie, M. Ackerman a répondu : en 1831, essai ; en 1834, mise en circulation dans le commerce ». Toutefois, la maison Ackerman continue d’arborer sur le fronton en tuffeau de ses caves à Saumur, sur son site Internet et ses supports de communication, une fondation en 1811. C’est également la date retenue par les Archives départementales du Maine-et-Loire. « Qu’est-ce qui motive une association de généalogie à remettre en cause 200 ans d’histoire d’une maison, son image et sa communication ? », interroge Julien Goudeau, en charge de l’oeno-tourisme à la maison Ackerman.

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Selon le « Compte-rendu de l’exposition des produits vinicoles du département de Maine-et-Loire 1849-1850 », le fondateur de la maison Ackerman indique 1834 comme date de « mise en circulation dans le commerce ».
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Michèle Taillandier avait déjà émis des doutes en 2009, en travaillant sur la généalogie de la famille (détaillée dans la brochure Histoire et généalogie de la famille Ackerman, fondatrice des vins mousseux en saumurois, co-écrite avec Michel Vanwelkenhuyzen, auteur des recherches belges) : comment la maison Ackerman aurait pu naître en 1811, alors que le fondateur, Jean-Baptiste Ackerman, est mentionné dans un recensement de Bruxelles en 1812 et qu’il indique être arrivé en France en 1814 dans sa demande de naturalisation ?

Devant un tel déni, elle reste amère : « les travaux de généalogistes n’ont pas ici la même force que ceux de professeurs d’université ». Elle cite en particulier le livre écrit en 2011 par Georges Ratouis, docteur en histoire à l’université d’Angers, Ackerman 1811 – L’épopée de la première maison de fines bulles du Val de Loire, dont elle conteste plusieurs informations : « il déclare Jean-Baptiste protestant, qui ne l’était pas ; il fait référence, sans pouvoir fournir la cote d’archive, à une lettre du 6 septembre 1811 dans laquelle Jean-Baptiste écrit à sa mère de Saumur (où il décide de se poser), indiquant qu’il a fait la connaissance de M. Laurance (son futur beau-père) avec qui il entend s’associer ». C’est ce livre que la société Ackerman a distribué pour célébrer son bicentenaire.

Il y a bien un élément qui pourrait mettre d’accord la maison Ackerman et l’ADFA. « Il faudrait retrouver la facture de cette inscription, peut-être dans le fonds Ackerman (1831-1997) des Archives départementales du Maine-et-Loire (cote 222 J)… ce que je n’ai pas encore pris le temps de faire », indique Michèle Taillandier. L'affaire sera peut-être bientôt tranchée avec la thèse de Valentin Taveau consacrée à Ackerman, dont le dépôt est annoncé en décembre pour une soutenance en février 2021.

Liens utiles

  • Histoire de la maison Ackerman : www.ackerman.fr/univers-ackerman/ackerman-saumur/
  • Histoire et généalogie de la famille Ackerman, fondatrice des vins mousseux en saumurois - de la fin du XVIIe siècle jusqu'au milieu du XXe siècle, Michel Vanwelkenhuyzen et Michèle Taillandier, ADFA, 2009, 102 pages, 25 €. Disponible auprès de l’éditeur : ADFA, 9 rue Raoul Ponchon, 49100 Angers, www.geneadic.com
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ADFA, Ackerman

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