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Gamins et poupardes : enfances parisiennes au 19e siècle

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Exposition "Gamins et poupardes, enfances parisiennes au XIXe.

Pour quelques mois encore, la Tour Jean Sans Peur présente en son rez-de-chaussée une exposition dédiée aux enfants parisiens au 19e siècle.

Constituée exclusivement de onze panneaux explicatifs, elle raconte les conditions de vie des enfants à Paris à cette époque, de la naissance à la mort alors encore fréquente chez les plus jeunes.

Enfants désirés ou non, de familles aisées ou défavorisées, tous sont évoqués dans leurs similitudes et leurs différences.

La maternité, la condition des mères, l’assistance dont elles ont pu ou non bénéficier pour elles-mêmes ou leurs bébés sont largement détaillées. L’exposition s’attarde sur le cas des enfants les plus défavorisés. C’est sans doute l’un de ses points forts car aucun aspect n’est négligé : les conditions de leurs naissances - souvent à l’hôpital réservé aux plus pauvres -, les soins qui leur étaient prodigués, les placements ou les abandons dont ils étaient souvent l’objet, le travail qu’ils pratiquaient souvent bien jeunes jusqu’à l’incarcération à la Petite Roquette lorsqu’ils avaient commis quelque méfait…

On apprend par la même occasion beaucoup sur la situation des mères employées comme domestiques, célibataires ou mariées, et par conséquent aussi sur leurs enfants. En 1890, la moitié des mères célibataires qui accouchent à l’hôpital sont domestiques.

Enceinte, une servante, même mariée, peut être renvoyée et il était courant que les enfants des couples de domestiques soient éloignés, confiés à des proches ou envoyés à la campagne.

Il n’était pas rare non plus que les mères qui en avaient les moyens confient leurs nourrissons à des nourrices de la campagne auxquelles elles offraient en retour le gîte et le couvert. Tout cela aide à comprendre les schémas familiaux de l’époque et leurs incidences en matière de généalogie. Ainsi, allaiter ou non son bébé peut être un indice de la situation matérielle de la mère. L’éloignement géographique d’un enfant de domestiques aura forcément des conséquences en matière de recherches…

L’exposition rappelle aussi les grandes lois du XIXe siècle qui permit de mieux protéger les enfants : l’obligation scolaire de 6 à 13 ans instaurée sous la IIIe République leur a évité d’être trop vite soumis au travail. En 1873, un enfant est scolarisé ou placé en apprentissage. Dans ce dernier cas, le contrat est rarement écrit, au grand dam cette fois des généalogistes : il s’agit le plus souvent d’un « contrat de famille », purement oral.

L’exposition permet enfant aux visiteurs de se familiariser avec des termes et expressions tombés en désuétude, à commencer par les « poupards » qui donnent son titre à l’exposition et désignaient les tout-petits.

Malgré l’absence d’objets et documents, les visiteurs ressortiront précisément informés des conditions dans lesquelles leurs ancêtres parisiens, pauvres ou aisés, ont grandi dans la capitale.

Pour ceux qui n’auraient pas le temps de lire tous les panneaux, le fascicule proposé à la vente offre exactement les mêmes informations.

La visite mérite sans doute d’être mise en perspective avec celle sur l’enfance au Moyen-Âge accessible dans les étages de la tour, ce qui permet par la même occasion d’en admirer le magnifique escalier.

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