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Le sang viking des Normands testé par l'ADN généalogique

Les Vikings ont certes fait le siège de Paris, jusqu'à quatre fois. Mais c'est bien en Normandie que leur héritage est le plus visible, où notamment, des dizaines de patronymes et de noms de lieux trouvent leur étymologie dans le scandinave ancien. Plus étonnant, les Normands eux-mêmes sont susceptibles de porter la trace des envahisseurs, non pas en affichant des caractéristiques réelles ou folkloriques (les yeux très bleus, les cheveux blonds), mais simplement dans leur ADN. C'est à cet héritage cellulaire que s'intéresse une équipe de chercheurs anglais de l'Université de Leicester (Royaume-Uni), en étroite collaboration avec le Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales de l’Université de Caen Basse-Normandie.

Pour mieux étudier les Vikings, la science va donc utiliser cette passionnante technique de la généalogie par l'ADN qui consiste à prélever des échantillons et à les comparer avec les caractéristiques connues des peuples scandinaves des IXe et Xe siècles. Mais comme il est impossible d'étudier toute la population normande, l'idée est de circonscrire une aire d'étude géographique dont on suppose qu'elle concentre une bonne proportion de descendants de Vikings, la Manche. Aussi, les 15 et 16 juin prochains, l’équipe sera présente à Valognes pour rencontrera les "échantillons" normands recrutés par l’intermédiaire du Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin. Le prélèvement salivaire sera effectué sur des volontaires répondant à l'un des deux critères retenus. Inutile de se précipiter, tous les kits ADN ont déjà été distribués !

Pour être sélectionné, il fallait vivre dans le département de la Manche et porter un patronyme scandinave, par exemple un nom de famille tel que Anquetil, Dutot, Equilbec, Gonfray, Ingouf, Ansgot, Lanfry, Osouf, Osmont, Quetel, Tougis, Tostain et Raoult et leurs variantes et bien d’autres encore. L'autre champ d'étude va porter sur des personnes vivant aujourd’hui dans le nord du Cotentin, dont les quatre grands-parents sont nés et ont vécus (ou vivent encore) dans un rayon de 50 km autour de leur lieu de vie actuel. Une telle stabilité dans la localisation géographique et sur une période de trois générations est un moyen très efficace d’utiliser l’ADN pour remonter dans le temps. Chaque participant à ce projet recevra un rapport individuel incluant l’analyse de son profil ADN. Les résultats, eux, alimenteront une base de données permettant d'affiner la connaissance de la diffusion des gènes vikings en Normandie aujourd'hui.

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N° 167 La Revue française de Généalogie : La génétique, nouvel outil du généalogiste (à télécharger, article payant)

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