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Les origines familiales (pas si) bien connues de Valéry Giscard d'Estaing

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Valéry Giscard d'Estaing, président de la République.
Crédits
Jacques-Henri Lartigue / La Documentation française

La généalogie de Valéry Giscard d'Estaing, décédé ce 2 décembre 2020 à Authon (Loir-et-Cher), se trouve aujourd’hui assez facilement et est assez bien résumée sur Wikipedia, avec principalement quatre lignes fortes.

  • La lignée patronymique, avec les Giscard, de souche cévenole, a pour berceau la petite cité lozérienne de Marvejols, où ils sont très honorablement connus depuis François Giscard, né sous le règne d’Henri IV et de confession protestante, qui y était chapelier. dont le petit-fils, grand veneur et cavalier émérite, converti au catholicisme, sera seigneur de Montplaisir, aujourd’hui simple quartier de la ville. Une famille bourgeoise, dont un descendant ira en 1818 se marier en Auvergne, où la famille fixera, à Saint-Amand-Tallende, dans le Puy-de-Dôme, avant de gagner Paris, sous le second Empire, où ils sauront remarquablement s’élever, via de belles alliances.
  • C’est là qu’ils entameront, comme on le sait, des démarches en vue de faire « allonger » son nom (une première fois avec le nom d’une aïeule, née Cousin de La Tour-Fondue, pour se rabattre ensuite avec succès, en 1922, sur le nom de la mère de celle-ci, née d’Estaing, et dernière représentante d’un rameau cadet – et apparemment bâtard – de la grande maison de ce nom. Voir ici l’article détaillé de Wikipedia « Famille Giscard d’Estaing »), sachant que l’anecdote, connue du général de Gaulle lui avait valu de remarquer que c’était là un beau « nom d’emprunt ».
  • La très bourgeoise famille maternelle, avec les Bardoux, descendants d’une ancienne souche du Cher (Mornay-sur-Allier) dote VGE d’une belle tradition républicaine en Auvergne, avec un grand-père et un arrière grand-père (Jacques et Agénor Bardoux) tous deux députés du Puy-de-Dôme et le premier ministre de l’Instruction publique, du maréchal de Mac-Mahon.
  • Et enfin, les Georges-Picot, famille de la grand-mère maternelle, sa mère, née Bachasson de Montalivet, fille d’un pair de France, ami de Louis-Philippe, dont il fit plusieurs fois ministre de l’Intérieur et dont la mère, Adelaïde Starot de Saint-Germain est considérée comme un des nombreux enfants bâtards de Louis XV, fait descendre VGE de toutes les têtes couronnées de France et d’ailleurs et bien sûr, via les souverains espagnols, de Mahomet.

Un arbre généalogique riche, partant dans de nombreuses directions, avec une majorité de racines dans le Massif-central (Puy-de-Dôme, Lozère, Corrèze), mais aussi en Berry, en Languedoc, dans l’Isère et les Alpes-de-Haute-Provence, en Mayenne, Sarthe et Anjou, dans le Nord et les Ardennes, etc. et même jusqu’en Italie, avec un trisaïeul florentin. Une généalogie très homogène, cantonnée dans les milieux dominants, dans laquelle on ne trouve guère d’ancêtre laboureur avant la 8e génération.

Pour approfondir l’ascendance de VGE, les sources ne manquent pas, avec notamment un arbre en ligne sur Geneastar et un plus complet mis en ligne sur Geneanet par Wikifrat. Sauf que ces généalogies se contentent de reprendre les travaux menés au cours des années 1980 et que ces généalogies présentent de gros « trous », qu’il est aujourd’hui possible de combler, ainsi pour les branches :

Certaines, cependant, restent très mal connues, comme la branche BIDOIS - passant par Paris puis Pacé-sur-Sarthe, et conduisant à Noirmoutier et dans les Ardennes - ou la branche BERTHIER/SIMON - conduisant côté BERTHIER à un soldat invalide nommé Charles BERTHIER, dit l’Espérance, marié en 1778 à Entrevaux (04) à la fille d’un autre soldat, Gervais Robiche, dit« La Liberté » - d’où des racines en Touraine (Marcé-sur-Esves, Balesmes) en Mayenne (Vimarcé) et à Guillaumes (06). Et conduisant côté SIMON, à des aubergistes et rôtisseurs clermontois venus de Talmontiers, dans l’Oise.

Bref, de quoi explorer aujourd’hui plus loin plusieurs branches de cet arbre, avec des ancêtres et forcément aussi des parentés à découvrir, après des nombreuses offertes par les ancêtres couronnés et du célèbre cousinage – éloigné – découvert dans les années 1980 par le généalogiste limousin Robert Auclair, révélant un ancêtre commun avec François Mitterrand, en la personne d’un maître-pâtissier limougeaud nommé André Dumay et marié au début du XVIIe siècle. Un ancêtre à partir duquel j’ai découvert que les deux présidents partagent également avec la femme politique contemporaine, Muriel Pénicaud.

Sans parler de sa belle-famille, descendant notamment de Charles X et des Schneider, voilà vraiment une généalogie pas tout à fait comme les autres, pour celui, que les hasards de la vie familiale avait fait naître à Coblence et dont sa mère déjà disait : « Cet enfant n’est pas comme les autres, il ne tète pas comme les autres ».

Commentaires

4 commentaires
  • Portrait de Leo Michel

    Henri IV était le petit-fils d'Henri d'Albret, lui-même fils de Catherine de Foix, petit-fils de Madeleine de France et arrière-petit-fils de Charles VII. Marie-Anne de Bavière, grand-mère paternelle de Louis XV, était la fille d'Adélaïde de Savoie et l'arrière-petite-fille de Catherine-Michelle d'Autriche dont la mère, Elisabeth de France, était la fille d'Henri II et de Catherine de Médicis. etc.... Tout ceci n'a d'ailleurs pas d'importance ici car Adélaide Starot de Saint-Germain n'était pas la fille de Louis XV, comme il a été démontré de nombreuses fois, notamment par Joseph Valynseele de façon définitive dans "Les bâtards de Louis XV et leur descendance " (Perrin 1994). M. Beaucarnot reprend ici ragots et potin s historiques sans esprit critique ni connaissance de la bibliographie élémentaire.
  • Portrait de Bisaro René

    Pour exister nous avons besoin de deux parents différents! Chacun de nos deux parents a besoin de deux parents pour exister et ainsi de suite. Par exemple, si nous comptons 4 générations par siècle, un enfant né en 2018 a besoin pour exister de deux parents nés en 1993, 4 ascendants différents nés en 1968, 8 nés en 1943, 16 nés en 1918, 128 nés en 1818, 2048 nés en 1718, 32.768 nés en 1618, 524.288 nés en 1518, 8.388.608 nés en 1418, 134.217.728 nés en 1318, 2.147.483.648 nés en 1218. Pour un enfant né en 2018 il faut donc plus de deux milliards d'individus différents en 1218 ... Mais en 1218 il y avait entre 360 et 450 millions de personnes sur la terre entière et beaucoup moins autour du bassin méditerranéen. Si on prend en compte les petites et grandes migrations des hommes et des femmes, nos lignées généalogiques se croisent donc inévitablement et nous avons donc tous les mêmes ascendants et sommes tous consanguins...drôle non!!
  • Portrait de Michel J.

    Si je puis me le permettre : Chuis impatient de connaître la suite ! Michel* *Descendant de maçons de la Creuse à la 3° Génération