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Léon Blum : des ancêtres et des cousins à sa mesure !

Grande figure du socialisme de l’entre-deux-guerres, André Léon Blum, connu sous son second prénom de Léon, dont on commémore aujourd’hui les 150 ans, a vu le jour rue Saint-Denis, dans le deuxième arrondissement de Paris. Son acte de naissance est évidemment accessible en un clic sur Filae, site où l’on pourra aussi consulter l’acte de son premier mariage (1896, Paris VIe, avec Mary Adèle Julie Amélie Élise (dite Lise) Bloch, lui était alors auditeur au Conseil d’État) alors que celui de son remariage (veuf, avec la militante socialiste Héléna Thérèse Peyrera, en 1932, à Pars IVe), consultable sur le site des Archives de Paris, le dira député. Veuf une seconde fois, il vivra à partir de 1940 avec Jeanne Leyvilier, qu'il épousera en troisièmes noces en 1943, au camp de concentration de Buchenwald, où il avait été interné dans des bâtiments hors de l’enceinte, avec d'autres personnalités politiques, et où celle-ci avait demandé à le rejoindre. Sur le même site des Archives de Paris, on trouvera également sans peine son feuillet matricule.

Léon Blum était le deuxième des cinq fils d’un commerçant juif du quartier du Sentier, Abraham dit Auguste Blum, qui tenait, selon Wikipedia « un commerce prospère de rubans et soieries avec ses deux frères », nommé la « Maison Blum frères ». Le magasin étant au rez-de-chaussée et le couple habitait à l’étage : Abraham Auguste et sa femme Adèle Marie Alice PICART, mariés en 1869 à la mairie du Ier arrondissement.

La suite, sera pour partie consultable Geneastar, grâce à l’arbre apporté par Abel Philippe. Un arbre pas très fourni, qui ne vaut à l’homme du Front Populaire que deux cousins – bien peu, face aux presque 120 cousins d’Édouard Philippe… !

Une généalogie classique, avec des origines à 100 % juives et des familles juives alsaciennes pour certaines déjà fixées à Paris sous la Monarchie de Juillet, donc avant l’annexion de leur province à la Prusse. Les grands-parents paternels, commerçants, venus de Westhoffen et d’Obernai, dans le Bas-Rhin, et les grands-parents maternels. Grand-père papetier, né à Ribeauvillé, alors que son épouse, née vers 1814, ne semble pas vraiment correspondre à celle dont l’auteur de l’arbre a retrouvé le décès, en 1878, qui est dite dans cet acte célibataire et nettement plus âgée, mais que tous les arbres en ligne reprennent. Un point à vérifier…

Pour le reste, on trouvera un arbre plus complet, avec celui déposé sur Geneanet par Muriel Lévy, propriétaire d’une très riche base généalogique, qui permettra de remonter plus loin et corrigera certaines filiations.

Non pas sur les BLUM eux-mêmes, qu’elle ne remonte, elle aussi, que sur six générations, pour s’arrêter à Abraham Fromel Baruch Blum, boucher à Westhoffen, où il s’était marié en 1748. Par contre, elle offre de belles plongées côté des MAY (AUSCHER, NETTER, LEVY, d’autres BLUM et des BLOCH, toujours en Alsace : Wolfisheim, Bouxwiller, Wintzenheim, Wettolsheim…), avec ici la découverte d’un cousinage avec DSK, par Gabriel BLOCH, marchand de chevaux à Guebwiller, marié vers 1650 avec Zera DREYFUS. Une de ces petites découvertes, comme on aime en faire !

Mais revenons sur l’aïeule qui a jusqu’à maintenant trompé tout le monde et pour laquelle on lève pourtant facilement l’énigme des origines, si l’on pense à consulter les listes d’optants, disponibles notamment sur Filae. On l’y retrouve alors sans peine : Marie Anne CERF veuve HISRCH-PICART, que l’on apprend née à Saverne, le 10 janvier 1814. Cet acte la dit fille de Lazare, négociant, et de Babette NETTER : un couple figurant sur plusieurs arbres en ligne, dont celui de Pierre Gilles Flacsu, remontant très loin sur certaines branches avec des origines à Bergheim et Bischheim, mais aussi en Lorraine et jusqu’en Allemagne et en Pologne, et offrant bien sûr des parentés, dont une avec le réalisateur Jean-Pierre Melville (né Grumbach) par les KATZENELLENBOGEN, et d’autres parentés encore, par le couple Oury CAHEN / Catherine ZAY, par qui on peut le montrer cousin d’Axel et de Jean-François KAHN mais aussi et plus étonnamment de deux hommes politiques : Jean ZAY et… Pierre MENDÈS-France !

Côté descendance, ajoutons que Léon Blum a été le père d’un fils unique (Robert Blum, 1902-1975, directeur de sociétés), et le grand-père d’une unique petite-fille, Catherine Blum (1928-1996, épouse de l’orientaliste Charles Malamoud), qui ne lui a donné n’a qu’un arrière-petit-fils, Antoine Malamoud, qui préfacera les Lettres de Buchewald, de son grand-père, publiées chez Gallimard, en 2003, tout en étant le traducteur d’un essai historique sur Philippe de Macédoine. La généalogie, décidément, mène à tout… Avec un petit pari final : je donne peu de temps avant que les arbres citant Marie Anne CERF-PICART ne lui rendent ses vrais parents.