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Géolocalisation, indexation, salons et contrat d’assurance

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Valérie Arnold-Gautier Présidente de la Fédération française de généalogie.
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Guillaume de Morant

Comment va la Fédération française de généalogie (FFG) en cette période où l’on ne peut plus se rencontrer aussi nombreux et où le masque est devenu la règle ?

C’est une bonne surprise, mais la FFG a gagné quelques nouvelles associations. Nos projets n’y sont pas étrangers, notamment le Salon virtuel de la généalogie, mais aussi, un point très particulier, celui des contrats d’assurance. Cela a fait venir - ou parfois revenir - vers nous quelques associations. C’était une demande récurrente de faire baisser les coûts de l’assurance qui couvre notamment les locaux contre le vol, l’incendie, apporte une aide juridique et permet aussi aux membres des associations d’être assurés dans le cadre des activités généalogiques. C’est un petit point, mais il constituait un blocage pour des structures modestes.

Le Salon virtuel de la généalogie est aussi un produit d’appel exceptionnel en cette période de post-confinement. Avec le dispositif que nous avons mis en place, n’importe quelle association fédérée peut bénéficier d’un stand virtuel à des coûts extrêmement réduits. À l’heure où je vous parle, la Fédération regroupe 155 associations. C’est une légère augmentation qui donne le sourire dans cette période.

La FFG lance trois sites Internet au moment de la semaine virtuelle de la généalogie. À quoi servent-ils ?

Nous lançons une nouvelle version de notre site institutionnel, toujours à la même adresse. Il a été réalisé par des développeurs lyonnais, en partenariat avec ESRI France, spécialiste des Systèmes d’Information Géographique (SIG), qui permettent de géolocaliser sur une carte toute information. Ce site institutionnel destiné à tous les publics, est structuré autour d’un agenda virtuel rempli par les associations elles-mêmes. Elles peuvent y inclure des forums de discussion et générer des lettres d’information très simplement. Avec le système du SIG, toute manifestation apparaît sur une carte enrichie d’informations. Nous allons aussi y regrouper nos anciennes bases de données, comme Ring ou Les soldats de Montcalm et éventuellement les données autrefois déposées par les associations sur Bigenet, si elles veulent bien les déposer, mais cette fois-ci sans espoir de rentabilité financière.

Notre deuxième site (ndlr : dont le nom n’était pas encore connu au moment où nous écrivions ces lignes) est un site développé par la société Arkothèque pour inciter à participer à des opérations d’indexation collaborative. Ce site est financé en partie par le Souvenir français, puisqu’il comporte une thématique sur la guerre de 1870. C’est notre mission Histoire avec des groupes d’historiens et de chercheurs qui travaillent sur ces différents projets. Il y a par exemple, sur le Premier Empire, le projet d’indexer tous les régiments de cuirassiers dont les archives se trouvent à Vincennes au Service historique de la Défense. Ces archives sont en principe non consultables en raison de leur état, mais elles ont été numérisées il y a quelques années par l’Association d’étude historique et de recherche de la cavalerie impériale (AEHRCI) présidée par Christian Granger. Ces vues vont être déposées sur notre site d’indexation et nous allons inciter un maximum de personnes à venir les relever. Pour inciter le grand public à participer à l’indexation, il y a des concours dotés de prix, par exemple un séjour d’une semaine offert par un partenaire ou des abonnements à des magazines. C’est un site transitoire pour héberger le temps d’une opération d’indexation un important nombre de vues.

Enfin le troisième site, celui qui chapeaute le tout, c’est la Maison de la généalogie. Pour bien comprendre, il faut savoir que la Maison de la généalogie est le nom de la Fédération française de généalogie depuis déjà quelques années, mais il était très peu utilisé. Nous souhaitons le mettre plus en valeur en y associant le nom de notre site général qui va donc contenir une partie consacré au Salon virtuel de généalogie.

« Nous profitons de cette pandémie pour essayer de toucher de nouveaux publics. Par exemple, en créant des activités ludiques à destination des scolaires. »

La vocation de la Maison de la généalogie est-elle d’héberger des salons virtuels ?

Oui et cela commence par Gene@Event2020, la Semaine virtuelle de la généalogie, organisée pour la première fois en ligne du 26 septembre au 3 octobre 2020. Cette manifestation permet d’organiser des expositions et des congrès virtuels grâce au système proposé par 3D@home, spécialiste de l’organisation d’événements en ligne. Sur le principe, c’est exactement comme une manifestation généalogique classique, cela demande la même préparation en amont avec la définition des thématiques, la venue de conférenciers, la programmation d’expositions et la tenue de stands, mais tout cela est virtuel. Il y a des permanences sur les stands, les conférences sont en vidéo, il y a des tutoriels. Et l’avantage du numérique est que tout cela peut rester en ligne au-delà des dates prévues. Par exemple les conférences resteront accessibles pendant un an. Les associations qui ont loué des stands virtuels peuvent y tenir des permanences toute l’année. L’entrée de ces salons de généalogie virtuelle est gratuite, car nous avons du sponsoring de la part de MyHeritage et de FamilySearch qui nous apporte son soutien et son savoir-faire.

Nous profitons de cette pandémie pour essayer de toucher de nouveaux publics. Par exemple, nous avons engagé un ingénieur des jeux pour créer des activités ludiques à destination des scolaires.

Les associations étaient déjà touchées avant la pandémie par une forme de désaffection et par une baisse du nombre d’adhérents. Comment la FFG les aide à s’en sortir ?

Justement par la prise en charge et l’organisation de manifestations virtuelles. Nous leur livrons une solution matérielle clé en main, prête à utiliser. Et aussi en les conseillant pour leurs manifestations réelles qui, malgré les incertitudes, vont quand même pouvoir être organisées, mais dans des conditions très différentes d’avant la pandémie. Alors nous allons communiquer, préparer des référentiels sur des sujets très concrets, par exemple comment préparer les salles où se tiennent les permanences réelles, quelle attitude adopter face au public, comment nettoyer, quel produit utiliser, combien de personnes recevoir en fonction des pièces et de la taille des pièces dont les associations disposent.

Les manifestations virtuelles doivent-elles être des copier-coller des congrès et manifestations réelles ?

Bien sûr que non. Nous utilisons toute la force du numérique et des nouvelles technologies. Pour la Semaine virtuelle de généalogie, nous attendons 70 associations et aussi des services d’archives, car nous pensons que les stands virtuels constituent un joli potentiel pour les Archives départementales, municipales ou bien d’autres services d’archives à vocation nationale, soit environ 100 stands virtuels.

Les conférences sont de deux types : celles en direct ne peuvent être diffusées qu’une seule à la fois ; en revanche, les conférences enregistrées peuvent être diffusées sans restriction, car elles sont hébergées dans la vidéothèque qui comporte des liens directement vers YouTube. Beaucoup de conférences sont prévues pour être diffusées en d’autres langues, car nous misons aussi sur un public étranger. Nous avons également les archivistes du Réseau national d’actions des archives (Rn2a) qui vont répondre en direct aux questions des généalogistes.

L’innovation n’est pas que technique. Nous avons une conférence « Interdit au moins de 18 ans », qui traite du sexe sous Napoléon, sous l’angle des maladies transmissibles. Ce sera une première. Nous avons aussi un thème de généalogie génétique abordée sous l’angle des prédateurs sexuels. Vous voyez que nous essayons de renouveler le genre ! Enfin, le people est aussi de la fête avec quelques courtes vidéos de célébrités comme Jean-Pierre Foucault ou Frédérick Gersal.

Quels sont vos autres projets pour l’année 2020-2021 ?

Le colloque sur l’ADN, déjà reporté une fois, doit être accueilli en principe le premier vendredi de décembre 2020 aux Archives du ministère des Affaires étrangères à La Courneuve (93). Nous ne savons pas encore s’il pourra avoir lieu en présence physique, mais nous sommes opérationnels pour l’organiser en virtuel, avec des duplex regroupant des spécialistes internationaux et français. Nous avons aussi programmé un grand colloque « Viva Italia » pour le premier semestre 2021. Celui-ci sera virtuel.

Informations pratiques

Gene@Event2020, du 26 septembre au 3 octobre 2020.

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