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Les Mémoires de Cambacérès retournent à Montpellier

Une préemption, cela arrive régulièrement dans le domaine des archives, comme cet automne, quand la ville de Montpellier a acquis aux enchères à l'hôtel Drouot à Paris, trois manuscrits des Mémoires de Jean-Jacques Régis de Cambacérès. Juriste et homme d'État, celui qui fut l'un des pères du code civil était en effet natif de cette grande ville de l'Occitanie. L'histoire de cette acquisition, racontée ici par Le Figaro est emblématique. 

Tout d'abord, la provenance des ces manuscrits est sulfureuse, puisqu'il s'agit de l'une des nombreuses ventes judiciaires suite à la liquidation de la société Aristophil, spécialiste en son temps des autographes. Ensuite, il y a la volonté de la ville et des archives de Montpellier qui depuis longtemps considèrent que Cambacérès, dont la carrière fut pourtant phénoménale, est injustement oublié de la grande histoire. Il fut quand même deuxième Consul avec Napoléon ! 

Le nouveau maire de Montpellier et président de la Métropole, Michaël Delafosse, par ailleurs professeur d'histoire, a estimé que ces manuscrits devaient entrer dans les collections des Archives et être valorisés auprès du grand public et des chercheurs : « Montpellier est une ville de droit, il doit être porté à connaissance de tous les juristes qui exercent et se forment ici en nous rappelant la grande tradition de juristes dont Cambacérès est emblématique ».

Les trois volumes des Mémoires de Cambacérès ont donc été préemptés pour 48.600 €. Commencés après la chute de l'Empire, alors que Cambacérès était en exil en Belgique, ils ont été repris après 1818 quand il est rentré à Paris une fois sa disgrâce terminée. Le premier volume est autobiographique, l'homme y parle "de ses origines, de sa vie politique, de sa participation à la Révolution jusqu'à son entrée au ministère en 1799. Sans dire cependant mot de son homosexualité, qui expliquerait sans doute pourquoi le Code civil ne la réprime pas, à l'inverse des autres États et Royautés européens de l'époque". Le deuxième aborde sa carrière jusqu'à l'Empire en 1804. Puis le troisième raconte la vie de l'Empire jusqu'en 1813. Cambacérès est mort à Paris en 1824. 

C'est Memonum, le fond de la médiathèque de la métropole de Montpellier qui va diffuser ces manuscrits, dès que leur numérisation sera terminée. On peut déjà consulter en ligne 49 autres lettres de Cambacérès. 

Mots-clés
Empire, Code civil

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